Qu’est-ce qui nous pousse à écrire….

« Mon coeur m’a réveillé cette nuit, il était en pleurs. Comment puis-je t’aider, ai-je supplié?                          

Mon coeur répondit : Ecris le livre. »      

Rupi Kaur, Milk and honey              

                                                                      

Il est difficile d’expliquer ce qui pousse à écrire. Pour ma part, cela survient surtout dans deux cas. Soit lorsque je fais l’expérience de quelque chose qui déclenche en moi une inspiration soudaine – une rencontre, un film, un paysage, un morceau de musique, un visage, une rue, une personne en particulier… Je trouve beaucoup de poésie dans les choses que l’on qualifie souvent d’anodines. Ce sont ces choses qui, la plupart du temps, éveillent en moi une émotion particulière. Ce sont ces choses là qui me semblent les moins anodines du monde en réalité. L’autre cas, c’est lorsque remonte à la surface un souvenir. Précis ou flou, heureux ou malheureux, un souvenir me plonge souvent dans une forme de nostalgie assez intense, qu’il m’est extrêmement douloureux de quitter, mais que je brûle pourtant d’effacer de mon inconscient. C’est là toute la complexité de l’humain n’est-ce pas ? Aimer se faire du mal. Aimer quelqu’un au point de le détester, puis l’aimer tendrement à nouveau. Vouloir quelque chose que l’on ne peut avoir…

 

« (…) le rituel de l’écriture vespérale est l’un des plus beaux moments d’une journée nomade. Il constitue l’occasion de faire l’unité en soi, de se reposer du labeur de la piste. (…) La certitude de retrouver le soir venu une page vierge et le souci de devoir l’honorer obligent à mieux regarder le monde, à mieux s’imprégner de sa beauté, à tendre mieux l’oreille à sa symphonie, à mieux formuler les réflexions qu’inspire l’effort, à « tenir son âme en haleine » pour reprendre la belle expression de Montaigne, bref à vivre mieux, à vivre plus. »

      Sylvain Tesson, Carnet d’aventures

 

L’envie d’écrire, elle me prend aux tripes, j’en aurais presque envie de pleurer tellement  c’est fort. Il faut que j’écrive, c’est tout. Que je couche sur papier les choses qui font battre mon cœur à ce moment précis. Même si c’est affreux, même si ce que j’écris n’a aucun sens, même si ce que j’écris me fera rougir le lendemain matin à la relecture, même si c’est douloureux, même si cela retourne le couteau dans la plaie, comme on dit. Je crois que j’écris pour ressentir encore plus pleinement. C’est çà… Si j’écris, c’est pour ressentir les choses de toutes les manières possibles, parce qu’au bout du compte, c’est ce qui m’importe le plus. Traverser toute la gamme des sentiments disponibles. Personne n’a envie de vivre une rupture amoureuse, où on a l’impression qu’on n’aimera plus jamais… Personne n’a envie de faire l’expérience du décès d’un proche… On refoule ces sentiments parce qu’ils font ressortir des pensées obscures, une profonde douleur qui perce le cœur. On a envie de les supprimer, de ne jamais les ressentir. Mais elles font partie de nous, tout autant que la joie immense que l’on peut ressentir lorsque l’on tombe amoureux ou lorsque tout va bien. Mais vous comme moi… On a déjà eu le cœur brisé, une fois ou deux, ou plus. Et puis on l’a pansé, et puis petit à petit on a recollé des morceaux, et puis on a aimé à nouveau, parce qu’on s’est rappelé ce que ça faisait d’aimer. Ou parce que l’amour s’est immiscé, là, tout seul, sans qu’on le cherche…

On a ressenti la pire tristesse du monde lorsqu’une personne aimée a quitté ce monde. On s’est imaginé ne jamais s’en remettre. Et puis finalement la vie a continué, comme elle le fait toujours, et la douleur s’est estompée.  Ne trouvez-vous pas que notre cœur est merveilleux, à se briser tant de fois mais d’être toujours autant capable d’aimer ?

Est-ce qu’il vous est déjà arrivé d’écouter un morceau de musique et de ressentir une douce chaleur en vous ? Un peu comme lorsqu’on vient de rencontrer une personne qui nous fait chavirer. Une joie ou une tristesse terrible, presque une exaltation parfois. C’est difficile à expliquer mais on a des fois l’impression qu’une chanson a été écrite précisément pour nous. Et cette impression, si pleine de beauté et de bizarrerie, est ce que je ressens très souvent lorsque j’écris. Je laisse sortir mes sentiments les plus profonds au fur et à mesure que le stylo glisse sur le papier… et çà, rien d’autre que l’écriture n’a réussi à me le donner…

Merci d’avoir pris le temps de lire ces quelques lignes… Je vous souhaite à tous une belle journée !

 

4 thoughts on “Qu’est-ce qui nous pousse à écrire….

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